•  

    -Quelle folie m'a donc poussée? pourquoi ai-je commis ce crime? de quoi les dieux ont-ils voulu me punir?

    -Les dieux? ils ont bon dos, les dieux, avaient répliqué les juges de Thèbes. Comme tu as rendu des services, tu ne seras pas exécuté, mais condamné au bannissement.

    Voilà pourquoi Héraklès, accablé, marchait dans le désert. Malgré la chaleur, il tremblait. Il s'était fabriqué naguère une massue dans un tronc d'olivier, sans grande intention de s'en servir. Lorsqu'on est dans une détresse pareille, la force ne peut pas vous servir à grand-chose. 

    -Tu es contente de toi? fulmina Zeus à l'intention d'Héra qu'il avait convoquée au pied de son trône. Que va-t-il devenir, banni et désespéré comme il est?

    -Je lui ai donné une petite leçon, protesta Héra. Je voulais juste qu'il comprenne à quel point la colère est mauvaise conseillère!

    En fait, elle était très sasisfaite de ces vies saccagées.

    -Tu savais très bien qu'il risquait un acte irréversible, grommella Zeus. Ne lui cause pas plus d'ennuis, où ça va très mal se passer! ajouta-t-il en faisant crépiter les éclairs de sa barbe.

    -Oh! on verra ça!

    -Tu oublies que tu parles à ton roi!

    -Oh non, Zeus, mais si tu me laisses partir de la salle du trône, je t'en serais éternellement reconnaissante. Pour être claire: Fiche-moi la paix!

    Elle sortit, suivie de son paon qui faisait admirer sa roue à tout propos.


    Après avoir marché de longs mois, Héraklès arriva devant la ville de Coryinthe, où régnait son ami Clébsios. Il se rendit au palais, où il fut reçu par Clébsios en personne:

    -Héraklès! ça faisait longtemps! ça va?

    -Non, pas vraiment...

    -C'est vrai que tu n'as pas l'air folichon. Viens te restaurer, tu va me raconter ça.

    Tout en buvant un verre de vin ainsi qu'en dégustant fromage blanc, poulet, miel, et olives, Héraklès raconta ses malheurs à son ami. Clébsios ne se montra pas  indigné en écoutant l'histoire d'Héraklès, seulement attristé et compatissant.

    Clébsios lui proposa d'aller se purifier au fleuve voisin, ce que fit Héraklès. Puis Clébsios lui proposa de s'installer au palais et de vivre la riche vie d'un courtisan ou d'un officier.

    Mais Héraklès ne se sentait toujours pas à sa place. Tenaillé par le remords, il demanda à Clébsios:

    -Je me sens toujours en faute...Que faire pour expier mes crimes?

    -Hum...Attends, laisse-moi réfléchir...fit le roi. 

    Il fouilla dans sa bibliothèque et en ressortit un parchemin intitulé: "Résoudre les problèmes les plus ardus" Après une lecture balayage "blabla...Comment séduire machine, non...Fleurs, chocolat, promesses qu'on a pas l'intention de tenir...non...Perdu le Crâne de Zeus enfant, non, ce n'est pas cela...

    Après un long débitatoire, enfin il s'exclama:

    -J'ai trouvé! va vite chez la Pythie, elle te dira sûrement que faire pour te purifier complètement.

    -La Pythie! s'écria Héraklès en se frappant le front. Comment n'y ai-je pas pensé plus tôt? Ah, Clébsios, tu es l'homme qui aura fait le plus pour moi. Donne-moi un équipement, cheval et caetera, vite! je pars pour Delphes immédiatement!

    Quelques minutes plus tard, Héraklès quittait Corinthe sans se retourner, tandis que Clébsios lui faisait de grands signes d'adieu.


    Il arriva à Delphes sans encombres. Il y avait une énorme queue devant le temple de la Pithye, tous venus pour bénificier des éclaircissements divins. On en restait souvent perplexe, car les dieux aimaient à faire marcher les mortels sur leurs réponses biscornues. Parfois on ressortait du temple comblé, mais c'était plutôt rare. "Que faire pour séduire cette jolie nymphe?-Va te laver, tu pues." "J'aimerais obtenir un sac d'or pour payer mes dettes.-Travaille plus" "Je veux faire taire mon voisin qui parle sans arrêt.-Va acheter du sparadrap*".

    Enfin le tour d'Héraklès arriva. Il faisait plutôt chaud dans la salle où la prêtresse recevait, mais Héraklès ne s'en occupa guère. Il se mit à genoux.

    -Par un quart d'heure de folie envoyé par Héra, j'ai tué ma femme et mes trois enfants, dit-il. Que faire pour me purifier?

    -C'est un problème ardu, remarqua la Pythie.

    -En effet. Mais je suppose que tu obtiendras vite la réponse des dieux, avec ton intelligence et ta finesse naturelle.

    -Oh, n'exagérons rien!...Mais, laissons donc là ces futilités pour le moment et concentrons-nous sur le problème.

    -Je suis aussi venu pour cela!

    La Pythie resta un long moment silencieuse, puis marmonna des phrases étranges, puis les dit plus fort, les cria. En même temps elle se contortionnait, prenait des intonations différentes, plus fortes, plus basses, puis de nouveau fortes, si fortes qu'on avait le sentiment que nos tympans vrillaient. Enfin, cela s'arrêta. La Pythie regarda Héraklès droit dans les yeux, puis articula:

    -Je ne peux pas te répondre. Ce meurtre est trop affreux, les dieux m'ordonnent de me taire.

    Héraklès, irrité, saisit la Pythie par le bras et le lui tordit tout en criant:

    -Menteuse! les dieux répondent toujours quand la demande est faite avec sincérité! transmets-moi leur décision içi et mainetant!

    -Je ne peux pas...Aïe! cria-t-elle. Lâche-moi!

    -Pas avant d'avoir eu la réponse des cieux!!

    -On ne traite pas mes prêtresses de cette manière, fit un jeune homme qui venait d'entrer.

    Héraklès et la Pythie se retournèrent.

    -Qui est-tu? l'appostropha le demi-dieu.

    -N'as-tu donc pas reconnu le dieu dont tu fréquente le sanctuaire? fit l'inconnu avec condescendance. Je suis Appollon.

    -Pourquoi les dieux ne veulent-ils pas m'éclaircir? s'écria Héraklès en lâchant le bras de la Pythie.

    -Eh, comme tu y vas!  si tu continues, très bien! venons-en aux mains.

    Héraklès se jeta sur Appollon avec un cri de guerre. Le demi-dieu s'apercut qu'il donnait un coup dans le vide, puis sentit des morsures à la cheville. Il se retourna: Appolon le mordait à pleines dents. Héraklès libéra sa cheville en blessant Appollon au passage, puis lui envoya son poing à la figure. Le dieu lui asséna un coup de genou dans le ventre. Héraklès riposta en l 'étranglant. Déjà le dieu s'était dégagé et le bourrait de coups poings et de coups de pieds.

    -VOUS N'AVEZ PAS HONTE!!!!! ENTRE FRERES!!

    La voix de Zeus résonna dans tout l'autel. Un éclair blanc jaillit de nulle part et sépara les deux combattants.

    -Alors?! fulmina le plus grand des dieux.

    -Les dieux ne veulent pas me donner leur réponse, expliqua Héraklès.

    -C'est Héra qui a menacé ma Pithye, justifia Appollon, tout penaud.

    Zeus soupira. Jouer le rôle d'arbitre n'était pas aisé...

    -Bon, lâcha le maître de l'Olympe, dis-lui, Appolon.

    -Alors, dit le dieu des arts, pour te purifier de ce quadruple crime affreux que tu as commis...

    -Oui, bon, passons, grommella Héraklès.

    -Tu me laisse parler, oui? donc, pour te purifier de ce quadruple crime affreux que tu as commis...

    Héraklès: 

    -...tu dois aller à Mycènes, pour te mettre au service d'Eurystée et faire tout ce qu'il te demande. Dix travaux surhumains, impossibles.

    -Mais Eurystée est un imbécile!

    -Oui, un imbécile et un lâche, confirma Appollon. Mais c'est la décision des dieux. Sur ce, je m'en vais...

    Héraklès resta hébêté en regardant la Pythie toute cabossée reprendre place sur son tabouret à trois pieds:

    -Au suivant!

    Héraklès n'avait plus rien à faire dans ce temple. Il en sortit et se mit en route pour Mycènes.




    *Les dieux oubliaient souvent qu'il sont très en avance côté technologie sur les humains, ce qui explique pourquoi ils ont conseillé au plaignant d'acheter du sparadrap.





    C'est tout pour aujourd'hui, j'espère que ça vous a plu! 

     

    La Mandarine Pythie. 


     

     


    2 commentaires
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    Héraklès.

    Il est né comment, au fait?

    Pourquoi il a dû faire ces douze travaux?


    C'est ce qu'on va voir dans ce premier chapitre. 

    Donc, Toc, toc, toc...(trois coups)

    C'est parti pour les douze travaux d'Hercule!


    I. Le Pourquoi du comment

    Chapitre I, partie I


    Zeus, le Roi des dieux de l'Olympe, était bien ennuyé. Récemment, il était tombé sous le charme d'une belle mortelle, Alcmène. Le mari étant parti à la guerre, Zeus avait essayé de la séduire, mais Alcmène avait refusé tout net.

     Pas question de cèder aux avances du premier venu, même s'il s'agissait d'un dieu!


    Comment séduire cette petite merveille?...
      


    Zeus ne se laissa pas démonter pour autant. Il prit donc l'apparence d'Amphitryon, le mari d'Alcmène, pour venir lui faire passer une merveilleuse nuit...

     Alcmène ne se douta de rien.

    Deux enfants naquirent. Le premier, Iphiclès, né de Amphtrion(le vrai), et le second, Héraklès(né de Zeus).

    Toute cette histoire ne s'annoncait pas trop mal...

    Si on ne comptait pas Héra, la femme de Zeus, qui était jalouse, follement jalouse, terriblement jalouse. Et manque de chance, Zeus était un bel infidèle. Et Héra, mise au courant de l'affaire, entra dans une colère noire. Elle envoya donc deux serpents pour tuer Héraklès.


    Les deux bébés dormaient tranquillement sur un bouclier quand les serpents arrivèrent. Pourquoi un bouclier, me direz-vous? Amphitrion aurait bien fait un berceau de paille, mais c'était un soldat, et il n'avait eu le temps que de leur trouver un bouclier. En plus, c'est pratique un bouclier, se disait Alcmène. Comme il repose sur sa face bombée, les petits sont faciles à bercer.

    Les deux serpents, disais-je, arrivèrent en faisant "Ssssss...". Iphiklès, le sommeil plus léger que son frère, se mit à hurler en voyant les deux serpents ramper sournoisement veus eux... Ces cris réveillèrent Héraklès, qui, en voyant les deux créatures, ne fut nullement paniqué. Il prit un serpent de ses petites mains et le secoua secoua secoua secoua, puis l'étrangla. Il fit subir le même sort à l'autre. 

    Les servantes, alertées par les braillements d'Iphiklès, arrivèrent en courant. 

    Iphiklès pleurait. Héraklès, lui, riait aux éclats. Il tenait et secouait les serpents comme s'il s'agissait de hochets.


    Héraklès grandit dans l'affection permanante des ses parents. Zeus était très content de son fils, et l'enfance et l'adolescence d'Héraklès se déroulèrent sans autres incidents particuliers.* Bref, tout était parfait. 

    Devenu adulte, Héraklès tombe sous le charme de la belle Mégara, la fille de Créon, le roi de Thèbes. Celui-ci était bien embêté: Erginus, le roi d'Orchenème, lui avait déclaré la guerre...

    Créon dit à Héraklès: "Bon, tu sais, le roi d'à côté, là...il m'a déclaré la guerre et c'est vraiment un roi puissant...tu peux m'en débarrasser, s'il te plaît?... En échange je te donnerai ma fille...sois sympa...allez..."

    Héraklès ne se le fit pas dire deux fois. Il massacra les armées  d'Erginus, et Créon tint sa promesse. Héraklès épousa donc Mégara et eut trois enfants avec. Le couple filait le parfait amour et leur vie était bien tranquille. Héraklès rendait, grâce à sa force surhumaine, des petits services, comme déplacer des blocs de pierre, ou construire des maisons. Mégara, quant à elle, s'occupait des enfants, faisait la cuisine, le ménage, la vaisselle. Tout allait pour le mieux...mais un drame d'une cruauté incroyable allait survenir...


    Héra, un jour, se tenait au balcon de l'Olympe en sirotant un verre de nectar avec une paille, lorsque, soudain, elle vit le minable petit demi-dieu qu'elle avait presque oublié pendant toutes ces années. Toute sa haine envers Héraklès qui s'était tarie durant ce temps refit surface, et la déesse mit au point un plan dévastateur pour chambouler la vie de ce misérable petit ver de terre d'Héraklès.

    -Une épreuve d'un quart d'heure, tu acceptes? demanda-t-elle à Zeus, qui se tenait mollement assis sur son trône d'or. Pour me débarrasser de ton fils...

    -Un quart d'heure...d'accord, fit Zeus en pensant qu'il ne pouvait rien arriver à son fils en un si court laps de temps. Mais pas plus, sinon, tu auras affaire à moi, ajouta-t-il en faisant crépiter les éclairs de sa barbe, pour se donner une contenance.

    "Oh! pensa Héra, cela sera largement suffisant pour mettre mon plan à éxécution..."

    Elle s'installa au balcon de l'Olympe et se mit à observer Héraklès.

     

    Il était à une fête de Thèbes. Sa femme Mégara et ses trois enfants étaient à ses côtés. Il faisait des sourires, plaisantait, riait. Héra choisit CE moment pour lancer son projet. Elle lança un éclair de folie vers Héraklès.

    -ATTENTION! cria Zeus. Mais son fils n'entendit pas et recut l'éclair de plein fouet. 

    Héraklès vit d'abord tout flou. Tout tournait autour de lui, et, d'un bond, se retourna vers sa femme et ses trois enfants.

    -Qui êtes-vous?! lança-t-il, vraiment énervé. Vous êtes venus me tuer?!

    -Héraklès, calme-toi, fit Mégara, apaisante.

    -Non, je ne veux pas me calmer! Allez vous-en, avant que je ne vous étrangle!

    -Héraklès, je suis ta femme! je suis Mégara!

    -Non, tu n'es pas ma femme! et ces marmots ne sont pas mes enfants! VOUS ETES DES DEMONS!!

    -Papa, papa! criaient les enfants, alarmés par cet accès de violence inhabituelle.

    -Les ennemis, les ennemis sont là! s'époumonnait Héraklès.

    Sans perdre une seconde ses réflèxes de guerrier et de chasseur, le demi-dieu retira quatre flèches de son carquois, banda son arc et tua coup sur coup sa femme et ses trois enfants.

    -Et voilà! en un quart d'heure! s'écria Héra en toisant Zeus, effondré.

    -Tu es un monstre, commenta-t-il.

    -On va voir comment ton fils-le-héros va se tirer ce ça, maintenant, dit-elle en s'éloignement dignement, son paon sur ses talons.


    *A part un petit incident: Héraklès, sur un coup de tête, tua son précepteur, Linos, en lui fracassant sa lyre sur son crâne, en présence de Connidas, le futur précepteur de Théséé. Je comprends qu'on ne puisse pas aimer un prof, mais de là à le tuer, ya quand même des limites...

     

     

     

    C'EST TOUT POUR LE MOMENT, LES

     GENS!

    en attendant, 

    SALUT A TOUS!


    La Mandarine herculéenne. 


    8 commentaires


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